Pleine et basse mer partout dans le monde, vraies hauteurs d'eau près d'un port de référence — et la règle qui dit quand on peut additionner avec sa sonde.
Publié le 27 septembre 2026 · Lecture 8 min
Au sommaire
Où trouver la marée dans Solano
Deux sources, deux titres : « Marée » ou « Hauteur d'eau »
Ce qu'on peut additionner à une sonde — et ce qu'on ne peut pas
Lire le graphique : les deux courbes et la surcote
La marée au mouillage : combien de chaîne
Les avertissements, et pourquoi ils sont là
Ce que la marée de Solano ne fait pas
1. Où trouver la marée
Posez un point en mer et lancez la Météo rapide (☀️). Dans la rangée de boutons du volet de résultats, un bouton 🌙 Marée apparaît : il déplie la courbe sous la section Marine.
Pourquoi n'est-il pas allumé d'avance ? Chaque affichage coûte une requête au fournisseur de données. La marée n'intéresse qu'une partie des situations — on ne la fait pas payer à tout le monde. Sur un point terrestre, le bouton n'apparaît pas du tout.
La marée s'affiche aussi d'elle-même dans l'analyse de mouillage, sur les trois jours analysés, juste au-dessus de la sonde et de la nature du fond — c'est là qu'elle sert le plus (voir le §5).
2. Deux sources, deux titres
Regardez d'abord le titre du bloc. Il n'est pas décoratif : il dit d'où viennent les chiffres, et donc ce que vous avez le droit d'en faire.
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« Marée » — source modèle. Un modèle océanique mondial (maille ~8 km) qui fonctionne partout : au large, sur une île sans annuaire, dans un mouillage grec au fond d'une baie. Il donne des heures de pleine et basse mer et un marnage.
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« Hauteur d'eau » — source annuaire. Quand un port de référence est rattachable à votre point, Solano bascule sur son annuaire officiel : les heures et les hauteurs sont celles du service hydrographique, rapportées au zéro des cartes. Le bandeau nomme la station et sa distance ; en France, le coefficient apparaît à côté de chaque marée.
Le rattachement n'est pas une simple question de distance. Il faut que la station soit à moins de 20 km et que le régime de marée du point ressemble à celui de la station (marnages comparables à 15 % près sur deux semaines). Une station à 3 km de l'autre côté d'un seuil, avec un marnage moitié moindre, est refusée — et c'est tant mieux : ses heures ne vous serviraient pas.
Le premier passage donne souvent le modèle, le suivant l'annuaire. La comparaison des régimes se fait en tâche de fond et se mémorise ensuite plusieurs mois. Si vous voyez « Marée » sur un point où vous attendiez un port, rouvrez-le un peu plus tard.
3. Additionner avec sa sonde : oui, non
C'est le point le plus important de cette page, et la raison pour laquelle les deux titres sont différents.
Source annuaire (« Hauteur d'eau ») : oui. C'est une vraie hauteur d'eau au-dessus du zéro des cartes, le même zéro que celui de votre sonde de carte marine. Sonde + hauteur d'eau = profondeur sous la quille à cet instant. C'est le calcul que fait tout marin.
Source modèle (« Marée ») : non. Ce modèle est référencé au niveau moyen global, pas au zéro de vos cartes. La valeur affichée est un écart à un repère, écrit avec un signe explicite (+1,20 m) précisément pour ne pas se relire comme une hauteur. L'ajouter à une sonde donnerait un nombre sans signification — et l'erreur irait plutôt dans le sens qui annonce trop d'eau.
Ce qui reste juste sur le chemin modèle, ce sont les différences : entre deux instants d'une même courbe, le zéro inconnu s'annule. D'où les deux seules choses qu'on affiche : l'heure des étales (à une dizaine de minutes près en côte ouverte) et le marnage (à quelques pour cent).
Ce n'était pas gratuit à obtenir : estimer le zéro des cartes à partir de l'archive du modèle a été essayé, puis abandonné après comparaison avec l'annuaire canadien — l'estimation s'éloignait du vrai zéro au lieu de s'en rapprocher, en annonçant trop d'eau. Le détail de ces mesures est dans La méthode Solano.
4. Lire le graphique
Deux courbes se superposent. Le trait plein est ce que vous aurez : la marée plus l'effet de la météo. Le pointillé est la marée seule — astronomique, la Lune et le Soleil. La bande colorée entre les deux, c'est l'écart.
Cet écart, c'est la surcote (on dit décote quand elle est négative) : la météo déplace de l'eau. Une dépression aspire le niveau vers le haut, un anticyclone l'écrase, et le vent qui pousse vers la côte entasse l'eau devant lui.
Un annuaire ne contient aucune surcote. Il ne connaît que l'astronomie. La correction ajoutée par Solano vient d'un modèle de surcote dédié (Météo-France HYCOM2D, maille ~4 km), qui tient compte du vent en plus de la pression — et ça change les chiffres : le 21 septembre 2026 en Méditerranée occidentale, la pression seule donnait −6 cm là où le modèle complet donnait −14 cm.
En survolant la courbe, l'infobulle nomme la correction appliquée à cette heure-là : surcote quand le modèle dédié couvre l'échéance, effet baromètre au-delà de son horizon (environ quatre jours). C'est volontaire : mieux vaut une courbe continue sur dix jours, qui dit franchement ce qu'elle contient heure par heure, qu'un décrochement au milieu.
La bande n'est pas anecdotique selon l'endroit. L'écart entre les deux courbes vaut environ 2 % du marnage en Manche, mais jusqu'à 20 % à Terre-Neuve. Là où le marnage est faible et le temps agité, c'est la météo qui décide de la hauteur d'eau, pas la Lune.
5. La marée au mouillage : combien de chaîne
Dans l'analyse de mouillage, la marée est affichée juste à côté de la sonde et de la nature du fond, parce que c'est ensemble qu'on les lit pour décider d'une longueur de chaîne.
Deux chiffres apparaissent. La prochaine marée en grand — le marnage à venir. Et, seulement si l'écart le justifie, une seconde ligne : « jusqu'à X m d'ici 3 jours ».
Pourquoi ce second chiffre ? En rade de Brest, sur une fenêtre de trois jours, le marnage passe de 1,70 m à 4,28 m : on est en morte-eau et on entre en vive-eau. Un seul chiffre vous ferait sous-dimensionner la chaîne pour la nuit du surlendemain. En Méditerranée le même écart vaut 9 cm — la ligne disparaît, elle n'apprendrait rien.
Sous le mètre, le marnage est écrit avec deux décimales : « 0,0 m » se lirait comme une donnée manquante, alors que c'est une réponse — en Méditerranée, le marnage est de quelques centimètres.
Et là encore, la note sous la sonde bascule selon la source : avec un annuaire elle vous invite à additionner, avec le modèle elle dit en clair que la valeur ne s'ajoute pas à la sonde. Deux chiffres voisins à l'écran ne sont pas forcément deux chiffres à additionner.
6. Les avertissements
Quatre messages peuvent s'afficher sous la courbe. Aucun n'est un bug : chacun dit une limite connue plutôt que de la taire.
⚠
« Marnage probablement sous-estimé ». Sur le chemin modèle, toujours. Une maille de 8 km ne fait pas résonner un entonnoir : −6 % mesuré à Halifax, −9 % à Saint John, −20 % au fond de la baie de Fundy. Plus le site est fermé — baie, estuaire, fond de ria — plus le vrai marnage dépasse l'affiché. Solano le signale plutôt que de corriger en douce par un coefficient inventé.
📍
« Chiffres de l'annuaire de X, à N km ». Les heures et hauteurs sont exactes pour la station nommée. Derrière un seuil ou au fond d'un estuaire, votre régime peut différer du sien.
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« Régimes de marée non comparés ici ». En fond de baie, le modèle est parfois aveugle : une zone qui assèche tombe sur une cellule de terre, il n'y a donc rien à comparer. Le rattachement s'est alors fait sur la seule proximité (moins de 8 km) — c'est utile, et c'est dit.
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« Prédictions modélisées pour cette station ». Certains annuaires publient, à côté de leurs ports instrumentés, des stations dont les prédictions sont calculées plutôt qu'ajustées sur un marégraphe local — douze des trente-huit stations irlandaises, par exemple. Les hauteurs restent au zéro des cartes, donc additionnables à une sonde ; c'est leur précision, à quelques centimètres près, qui est en jeu. Elles sont parfois les seules de toute une côte : Solano les garde et le dit, plutôt que de laisser un trou.
Enfin, un repère de référence en cours de constitution est annoncé comme provisoire : à la première visite d'une zone, Solano n'a pas encore l'année d'archive qui cale l'axe. Revenez un peu plus tard, la mention disparaît.
7. Ce que la marée de Solano ne fait pas
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Elle ne remplace pas un annuaire officiel. Là où Solano rattache un port, les chiffres sont ceux du service hydrographique — mais l'application n'est pas un service agréé, et ailleurs ce sont ceux d'un modèle.
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Elle ne donne pas les courants de marée. Les courants viennent d'un modèle distinct, affiché comme couche de carte. L'étale de courant ne coïncide pas avec l'étale de hauteur — ne déduisez pas l'un de l'autre.
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Elle ne résout rien en rivière. Mascarets, barrages de marée, estuaires étroits : ni le modèle ni l'interpolation d'une courbe de port n'y ont de sens. Les stations concernées sont d'ailleurs écartées quand leur service ne publie pas de courbe, justement pour ça.
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« Courbe reconstruite entre les étales ». Au Royaume-Uni, l'annuaire officiel donne gratuitement les heures et les hauteurs des pleines et basses mers, mais pas le tracé entre elles. Solano le calcule comme le ferait un marin à la main, par la règle des douzièmes. Les chiffres qui comptent pour une sonde — l'heure de la basse mer et sa hauteur — restent ceux de l'annuaire, exacts ; c'est la pente entre deux étales qui est approchée, à moins d'un dixième du marnage (mesuré : 3 à 16 cm d'écart type). Autre conséquence du même abonnement : la marée britannique s'arrête à six jours, là où le modèle en donne dix.
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La couverture des annuaires n'est pas mondiale. Canada, France, Irlande et Royaume-Uni à ce jour, d'autres pays à mesure que leurs services publient une interface exploitable. Partout ailleurs, c'est le modèle — donc les heures et le marnage, pas la hauteur d'eau.
Pour aller plus loin
Le détail du calcul — affinage des étales, conditions de rattachement d'un port, où la surcote s'additionne et où c'est interdit — est dans La méthode Solano. Pour la longueur de chaîne et la protection d'un abri, voyez Analyser un mouillage, et pour la mer du vent et la houle, Lire la météo sur la carte.
Avertissement : Solano n'est pas un service hydrographique agréé. Les heures et hauteurs affichées sont fournies à titre indicatif et ne se substituent pas aux documents officiels (SHOM, services hydrographiques nationaux). La décision engage la responsabilité du capitaine.