Au sommaire
- Pourquoi un livre de bord
- Le bateau et l'équipage
- La trace : du départ à l'arrivée
- Le voyage : ranger ses traces
- Ce qu'on note dans une ligne
- Les photos du bord
- L'allure : vent réel ou vent apparent ?
- Emporter la météo en mer
- Relire la navigation sur la carte
- Limites et bon usage
1. Pourquoi un livre de bord
Le journal de bord est une tradition de marin, et dans certains cas une obligation. Il sert d'abord à se situer : si l'électronique tombe, la dernière position notée à la main devient le point de départ de l'estime. Il sert aussi à comprendre après coup — pourquoi cette étape a été si longue, à quel moment la mer s'est levée, quand il aurait fallu réduire.
Solano en propose une version électronique, pensée pour la navigation de plaisance : la saisie est rapide (une ligne se remplit en quelques secondes, la position vient du GPS), le journal se partage avec l'équipage, et surtout il embarque les prévisions météo du trajet pour qu'elles restent lisibles une fois le réseau perdu.
2. Le bateau et l'équipage
Tout part d'un bateau. On le décrit une fois — nom, immatriculation, port d'attache, MMSI, longueur, maître-bau, tirants d'eau et d'air — et on renseigne sa garde-robe de voiles : grand-voile avec son nombre de ris, génois, trinquette, spi… Cette liste servira ensuite à noter la voilure établie en deux clics, sans rien retaper.
Partager avec l'équipage
Un bateau se partage. Depuis sa configuration, on génère une invitation qui donne un code et un lien : le code se dicte à la VHF ou par téléphone, le lien s'envoie par message. L'équipier qui rejoint voit les traces et peut saisir des lignes.
Le propriétaire du bateau reste seul à pouvoir modifier sa configuration et retirer un membre.
3. La trace : du départ à l'arrivée
Une trace est une navigation : une sortie à la journée, une étape, une traversée. On lui donne un nom, éventuellement l'équipage du bord, et on peut lui associer une route enregistrée — c'est ce lien qui permettra d'emporter la météo (voir plus loin).
4. Le voyage : ranger ses traces
Une croisière n'est pas une navigation, c'est une suite de navigations. Le voyage est le classeur au-dessus : « Sardaigne 2026 », « Convoyage Brest → La Rochelle », « Saison 2026 ». On y range les traces qui lui appartiennent.
Rien n'oblige à en créer un. Une sortie à la journée reste une trace isolée, et le volet les regroupe sous cette étiquette. On peut aussi rattacher après coup une trace déjà navigée, ou l'en détacher : le rangement se fait quand on veut, il ne se décide pas au départ.
5. Ce qu'on note dans une ligne
Chaque ligne porte une heure, une nature d'événement et ce que vous jugez utile de consigner. Rien n'est obligatoire hormis l'heure : un point rapide peut se limiter à la position.
La position
Le bouton « Acquérir » lit le GPS de l'appareil et remplit latitude, longitude, route sur le fond (COG) et vitesse sur le fond (SOG). La localisation n'est jamais demandée à l'ouverture de l'app : elle ne part qu'à votre demande.
La marche du bateau
Cap au compas, vitesse-surface au speedomètre, pression au baromètre. L'écart entre le cap compas et la route sur le fond raconte la dérive ; l'écart entre vitesse-surface et vitesse-fond raconte le courant.
Les observations
Vent réel observé (direction et force), nébulosité en octas, état de la mer sur l'échelle de Douglas — affichée en clair (« Belle », « Agitée », « Forte ») plutôt qu'en chiffre nu. Ces observations sont précieuses : ce sont elles qui, relues plus tard, disent si la prévision était juste.
La conduite du bateau
Propulsion (voile, moteur, ou les deux), allure, voilure établie avec le nombre de ris pris, nom du veilleur de quart.
Moteur et niveaux
Sur les lignes de départ et d'arrivée uniquement, Solano propose les relevés d'usage : compteur horaire moteur, niveau de carburant sur une jauge en huitièmes (de E à F, comme un indicateur de bord) ou en litres, et une coche de vérification du niveau d'huile. Relevés au départ et à l'arrivée, ils donnent la consommation de l'étape et gardent trace des vérifications faites avant d'appareiller.
6. Les photos du bord
Une photo s'attache à une ligne du journal, pas à la navigation en vrac. Elle hérite ainsi de l'heure et de la position déjà notées : on retrouve le grain de mer de mardi 14 h au bon endroit de la trace, sans avoir rien classé.
À la prise, l'image est réduite à 1600 pixels et ré-encodée. Une photo de journal n'est pas un tirage : on passe de 4 Mo à 300 Ko, ce qui rend l'envoi possible depuis un mouillage. Le ré-encodage efface au passage les données EXIF, donc la position d'origine du cliché n'est pas publiée.
Elles sont stockées en privé et visibles de l'équipage seul, via un lien signé à durée limitée. Vos propres photos restent consultables hors ligne ; celles prises par un équipier se chargent quand vous avez du réseau, comme la météo figée. Comptez une trentaine de photos par navigation : c'est un livre de bord, pas une pellicule de vacances.
Enfin, les formats d'échange n'en transportent pas : le GPX et le CSV exportent la trace et les relevés, pas les images. Celles-ci vivent dans l'application et dans la fiche de restitution.
7. L'allure : vent réel ou vent apparent ?
Quand vous naviguez à la voile, Solano calcule l'allure à partir du vent observé et du cap : au près, bon plein, travers, largue, grand largue, vent arrière — avec l'amure, bâbord ou tribord.
Deux précisions comptent, et l'app vous laisse la main sur les deux.
Quel vent avez-vous saisi ?
Les centrales de bord affichent le plus souvent le vent réel, qu'elles calculent elles-mêmes à partir du vent apparent mesuré en tête de mât et de la vitesse du bateau. Un anémomètre seul, lui, donne l'apparent. Vous précisez donc lequel vous notez : sans cette information, l'app risquerait de compter la vitesse du bateau deux fois.
Trois façons de noter le vent, selon ce que vous avez sous les yeux :
- Réel — direction en cap (« vent de 270 »), comme l'annonce le bulletin ou la centrale.
- Apparent — direction en cap également, mais celle du vent que subit le bateau en marche.
- Relatif — l'angle par rapport à l'étrave et le côté (tribord ou bâbord) : « 45° tribord », exactement ce qu'affiche une girouette de tête de mât. La vitesse est alors la vitesse apparente.
Le mode relatif est une manière de saisir, pas de stocker : Solano convertit l'angle en direction à l'aide de votre cap, parce qu'une direction de vent doit rester comparable à celle des modèles et des bulletins. Si vous n'avez pas renseigné de cap, la direction n'est pas enregistrée — mieux vaut rien qu'une direction fausse — mais l'allure, elle, est calculée : elle ne dépend que de l'angle.
Sur quel vent nommer l'allure ?
Par convention, les allures se définissent par rapport au vent réel : le près à 45°, le travers à 90°, le largue à 135°, le vent arrière à 180°. Le vent apparent, lui, sert au réglage des voiles — il est toujours plus près de l'étrave, parce que la vitesse du bateau le ramène vers l'avant.
Solano affiche donc les deux angles et une seule allure : « 45° du vent réel, 35° de l'apparent, donc au près ». Pas de bascule à régler — l'allure a une définition, et voir les deux angles suffit à comprendre l'écart.
La conversion demande la force du vent et la vitesse du bateau : sans elles il n'y a rien à convertir, et l'allure est alors nommée sur l'angle que vous avez saisi — Solano le signale plutôt que de faire semblant.
8. Emporter la météo en mer
C'est la partie la plus utile une fois au large : le réseau tombe, les prévisions restent.
Si votre trace est associée à une route enregistrée, Solano fige un instantané : pour chaque heure de trajet et pour chaque modèle météo de la route, la prévision à la position où vous serez à ce moment-là. S'y ajoutent les documents officiels de la zone, sous deux formes distinctes :
- les bulletins de routine — bulletin côtier Météo-France, costera AEMET, Meteomar, Inshore Waters — avec la situation générale puis, échéance par échéance, le vent, la mer, la houle, le temps et la visibilité ;
- les avis en vigueur (BMS, gale warnings, MeteoAlarm), avec leur texte complet et leurs consignes.
Les deux comptent, et pour des raisons différentes : « aucun avis en vigueur » est une bonne nouvelle, mais ne vous dit pas le temps qu'il va faire. C'est le bulletin qui le dit.
Quel instant figer ?
Si le départ de votre route est prévu dans plus d'une heure, Solano vous demande ce qu'il faut geler : la météo du départ prévu ou celle de maintenant. Une route planifiée pour demain matin doit évidemment figer la météo de demain matin.
Relire le détail sans réseau
Le volet affiche un résumé (vent moyen et maximal, rafales, hauteur de mer, pluie). Pour le détail, un bouton rouvre le Mode Route lui-même, alimenté par l'instantané : vous retrouvez vos tableaux et vos courbes habituels, heure par heure et modèle par modèle, sans qu'aucune requête ne parte.
Quand on ne va pas à la vitesse prévue
C'est le cas normal en mer. L'instantané ne fige donc pas seulement l'heure prévue à chaque point, mais une fenêtre d'heures autour (± 25 %). Il suffit alors de corriger la vitesse dans le panneau pour que toutes les prévisions se recalent sur votre allure réelle — hors ligne.
Plus direct encore : le bouton « Recaler sur ma position » mesure votre avancement réel le long du tracé grâce au GPS, en déduit la vitesse effectivement tenue depuis le départ, et décale les prévisions en conséquence.
9. Relire la navigation sur la carte
Les positions notées s'affichent sur la carte, reliées par des segments colorés. Le critère de coloration se choisit selon ce que vous cherchez à relire :
Colorée par la propulsion, la trace montre d'un coup d'œil les portions faites au moteur. Colorée par l'allure, elle raconte les bords tirés. Cliquer un point met la ligne correspondante en évidence dans le journal, et inversement.
10. Limites et bon usage
- Ce n'est pas un journal réglementaire. Solano ne prétend pas remplacer le livre de bord officiel exigé pour certaines navigations ou certains pavillons. Vérifiez ce que demande votre réglementation.
- Les prévisions figées vieillissent. Un instantané gelé la veille reste celui de la veille : il ne verra pas une dépression qui se creuse. En mer, les bulletins reçus par VHF ou BLU restent la référence.
- Le GPS d'un téléphone n'est pas une centrale de navigation. Sa précision se dégrade sous le pont, et il ne remplace ni le compas ni le loch.
- La saisie reste manuelle. Les positions ne sont pas enregistrées automatiquement : c'est vous qui décidez quand une ligne mérite d'être écrite — comme sur un livre de bord papier.