Au sommaire

  1. Pourquoi un livre de bord
  2. Le bateau et l'équipage
  3. La trace : du départ à l'arrivée
  4. Le voyage : ranger ses traces
  5. Ce qu'on note dans une ligne
  6. Les photos du bord
  7. L'allure : vent réel ou vent apparent ?
  8. Emporter la météo en mer
  9. Relire la navigation sur la carte
  10. Limites et bon usage

1. Pourquoi un livre de bord

Le journal de bord est une tradition de marin, et dans certains cas une obligation. Il sert d'abord à se situer : si l'électronique tombe, la dernière position notée à la main devient le point de départ de l'estime. Il sert aussi à comprendre après coup — pourquoi cette étape a été si longue, à quel moment la mer s'est levée, quand il aurait fallu réduire.

Solano en propose une version électronique, pensée pour la navigation de plaisance : la saisie est rapide (une ligne se remplit en quelques secondes, la position vient du GPS), le journal se partage avec l'équipage, et surtout il embarque les prévisions météo du trajet pour qu'elles restent lisibles une fois le réseau perdu.

Le livre de bord est réservé aux comptes connectés (gratuits) : il faut bien un endroit où stocker vos navigations et savoir avec qui les partager.

2. Le bateau et l'équipage

Tout part d'un bateau. On le décrit une fois — nom, immatriculation, port d'attache, MMSI, longueur, maître-bau, tirants d'eau et d'air — et on renseigne sa garde-robe de voiles : grand-voile avec son nombre de ris, génois, trinquette, spi… Cette liste servira ensuite à noter la voilure établie en deux clics, sans rien retaper.

Partager avec l'équipage

Un bateau se partage. Depuis sa configuration, on génère une invitation qui donne un code et un lien : le code se dicte à la VHF ou par téléphone, le lien s'envoie par message. L'équipier qui rejoint voit les traces et peut saisir des lignes.

✍️
Éditeur — peut saisir des lignes, démarrer et terminer des traces. C'est le rôle de l'équipage qui prend le quart.
👁️
Lecteur — consulte le journal sans pouvoir le modifier. Pratique pour une famille qui suit la traversée à terre.

Le propriétaire du bateau reste seul à pouvoir modifier sa configuration et retirer un membre.

Capture 1 Configuration du bateau : identité, garde-robe de voiles, invitation par code et par lien.

3. La trace : du départ à l'arrivée

Une trace est une navigation : une sortie à la journée, une étape, une traversée. On lui donne un nom, éventuellement l'équipage du bord, et on peut lui associer une route enregistrée — c'est ce lien qui permettra d'emporter la météo (voir plus loin).

1
Démarrer la trace
La première ligne est automatiquement proposée en « Départ ». Si une route est associée, Solano propose de figer ses prévisions dans la foulée.
2
Tenir le journal en route
Une ligne à chaque événement : point horaire, changement de voilure, virement, changement de quart, ou simple observation.
3
Terminer
Le bouton « Terminer » ouvre d'abord une ligne « Fin du tracé » — avec la position d'arrivée et les relevés moteur — puis clôt la trace. À l'inverse, si vous saisissez vous-même une ligne de fin, Solano vous demande si vous voulez clore. Un tracé achevé n'accepte plus de nouvelle ligne : c'est un document, pas un brouillon.

4. Le voyage : ranger ses traces

Une croisière n'est pas une navigation, c'est une suite de navigations. Le voyage est le classeur au-dessus : « Sardaigne 2026 », « Convoyage Brest → La Rochelle », « Saison 2026 ». On y range les traces qui lui appartiennent.

Rien n'oblige à en créer un. Une sortie à la journée reste une trace isolée, et le volet les regroupe sous cette étiquette. On peut aussi rattacher après coup une trace déjà navigée, ou l'en détacher : le rangement se fait quand on veut, il ne se décide pas au départ.

1
Créer le voyage
Depuis le sélecteur en haut du volet. Cela demande une connexion : on organise sa croisière au ponton, pas au portant.
2
Naviguer
Tant que le voyage est sélectionné, chaque nouvelle trace le rejoint d'office. Le volet n'affiche alors que ses étapes.
3
Défaire sans rien perdre
Supprimer un voyage ne supprime jamais les navigations : les traces sont simplement détachées et redeviennent isolées. Le journal, lui, ne s'efface pas.

5. Ce qu'on note dans une ligne

Chaque ligne porte une heure, une nature d'événement et ce que vous jugez utile de consigner. Rien n'est obligatoire hormis l'heure : un point rapide peut se limiter à la position.

La position

Le bouton « Acquérir » lit le GPS de l'appareil et remplit latitude, longitude, route sur le fond (COG) et vitesse sur le fond (SOG). La localisation n'est jamais demandée à l'ouverture de l'app : elle ne part qu'à votre demande.

À l'arrêt, c'est normal : le GPS calcule la route sur le fond à partir du déplacement entre deux points. Au mouillage ou à quai, il n'y a pas de route sur le fond — COG et SOG restent donc vides. Un cap affiché à vitesse nulle ne serait que du bruit.

La marche du bateau

Cap au compas, vitesse-surface au speedomètre, pression au baromètre. L'écart entre le cap compas et la route sur le fond raconte la dérive ; l'écart entre vitesse-surface et vitesse-fond raconte le courant.

Les observations

Vent réel observé (direction et force), nébulosité en octas, état de la mer sur l'échelle de Douglas — affichée en clair (« Belle », « Agitée », « Forte ») plutôt qu'en chiffre nu. Ces observations sont précieuses : ce sont elles qui, relues plus tard, disent si la prévision était juste.

La conduite du bateau

Propulsion (voile, moteur, ou les deux), allure, voilure établie avec le nombre de ris pris, nom du veilleur de quart.

Moteur et niveaux

Sur les lignes de départ et d'arrivée uniquement, Solano propose les relevés d'usage : compteur horaire moteur, niveau de carburant sur une jauge en huitièmes (de E à F, comme un indicateur de bord) ou en litres, et une coche de vérification du niveau d'huile. Relevés au départ et à l'arrivée, ils donnent la consommation de l'étape et gardent trace des vérifications faites avant d'appareiller.

Capture 2 Fiche de saisie d'une ligne : nature, acquisition GPS, observations, propulsion et allure.

6. Les photos du bord

Une photo s'attache à une ligne du journal, pas à la navigation en vrac. Elle hérite ainsi de l'heure et de la position déjà notées : on retrouve le grain de mer de mardi 14 h au bon endroit de la trace, sans avoir rien classé.

À la prise, l'image est réduite à 1600 pixels et ré-encodée. Une photo de journal n'est pas un tirage : on passe de 4 Mo à 300 Ko, ce qui rend l'envoi possible depuis un mouillage. Le ré-encodage efface au passage les données EXIF, donc la position d'origine du cliché n'est pas publiée.

L'envoi ne part jamais tout seul. Les photos restent sur votre téléphone jusqu'à ce que vous appuyiez sur « Envoyer maintenant », et le volet vous annonce le poids avant. En mer le réseau se paie — personne ne veut découvrir l'itinérance sur sa facture au retour.

Elles sont stockées en privé et visibles de l'équipage seul, via un lien signé à durée limitée. Vos propres photos restent consultables hors ligne ; celles prises par un équipier se chargent quand vous avez du réseau, comme la météo figée. Comptez une trentaine de photos par navigation : c'est un livre de bord, pas une pellicule de vacances.

Enfin, les formats d'échange n'en transportent pas : le GPX et le CSV exportent la trace et les relevés, pas les images. Celles-ci vivent dans l'application et dans la fiche de restitution.

7. L'allure : vent réel ou vent apparent ?

Quand vous naviguez à la voile, Solano calcule l'allure à partir du vent observé et du cap : au près, bon plein, travers, largue, grand largue, vent arrière — avec l'amure, bâbord ou tribord.

Deux précisions comptent, et l'app vous laisse la main sur les deux.

Quel vent avez-vous saisi ?

Les centrales de bord affichent le plus souvent le vent réel, qu'elles calculent elles-mêmes à partir du vent apparent mesuré en tête de mât et de la vitesse du bateau. Un anémomètre seul, lui, donne l'apparent. Vous précisez donc lequel vous notez : sans cette information, l'app risquerait de compter la vitesse du bateau deux fois.

Trois façons de noter le vent, selon ce que vous avez sous les yeux :

Le mode relatif est une manière de saisir, pas de stocker : Solano convertit l'angle en direction à l'aide de votre cap, parce qu'une direction de vent doit rester comparable à celle des modèles et des bulletins. Si vous n'avez pas renseigné de cap, la direction n'est pas enregistrée — mieux vaut rien qu'une direction fausse — mais l'allure, elle, est calculée : elle ne dépend que de l'angle.

Sur quel vent nommer l'allure ?

Par convention, les allures se définissent par rapport au vent réel : le près à 45°, le travers à 90°, le largue à 135°, le vent arrière à 180°. Le vent apparent, lui, sert au réglage des voiles — il est toujours plus près de l'étrave, parce que la vitesse du bateau le ramène vers l'avant.

Solano affiche donc les deux angles et une seule allure : « 45° du vent réel, 35° de l'apparent, donc au près ». Pas de bascule à régler — l'allure a une définition, et voir les deux angles suffit à comprendre l'écart.

Vent réel 6 nds à 90° + bateau 4 nds → vent apparent 7,2 nds à 56°

La conversion demande la force du vent et la vitesse du bateau : sans elles il n'y a rien à convertir, et l'allure est alors nommée sur l'angle que vous avez saisi — Solano le signale plutôt que de faire semblant.

8. Emporter la météo en mer

C'est la partie la plus utile une fois au large : le réseau tombe, les prévisions restent.

Si votre trace est associée à une route enregistrée, Solano fige un instantané : pour chaque heure de trajet et pour chaque modèle météo de la route, la prévision à la position où vous serez à ce moment-là. S'y ajoutent les documents officiels de la zone, sous deux formes distinctes :

Les deux comptent, et pour des raisons différentes : « aucun avis en vigueur » est une bonne nouvelle, mais ne vous dit pas le temps qu'il va faire. C'est le bulletin qui le dit.

Quel instant figer ?

Si le départ de votre route est prévu dans plus d'une heure, Solano vous demande ce qu'il faut geler : la météo du départ prévu ou celle de maintenant. Une route planifiée pour demain matin doit évidemment figer la météo de demain matin.

Relire le détail sans réseau

Le volet affiche un résumé (vent moyen et maximal, rafales, hauteur de mer, pluie). Pour le détail, un bouton rouvre le Mode Route lui-même, alimenté par l'instantané : vous retrouvez vos tableaux et vos courbes habituels, heure par heure et modèle par modèle, sans qu'aucune requête ne parte.

Quand on ne va pas à la vitesse prévue

C'est le cas normal en mer. L'instantané ne fige donc pas seulement l'heure prévue à chaque point, mais une fenêtre d'heures autour (± 25 %). Il suffit alors de corriger la vitesse dans le panneau pour que toutes les prévisions se recalent sur votre allure réelle — hors ligne.

Plus direct encore : le bouton « Recaler sur ma position » mesure votre avancement réel le long du tracé grâce au GPS, en déduit la vitesse effectivement tenue depuis le départ, et décale les prévisions en conséquence.

À faire au ponton : figez les prévisions avant d'appareiller, tant que vous avez du réseau. Une fois au large, l'instantané ne se met plus à jour — c'est le principe, mais autant qu'il soit récent.

9. Relire la navigation sur la carte

Les positions notées s'affichent sur la carte, reliées par des segments colorés. Le critère de coloration se choisit selon ce que vous cherchez à relire :

Force du vent observé
Vitesse du bateau
Propulsion (voile / moteur)
Allure

Colorée par la propulsion, la trace montre d'un coup d'œil les portions faites au moteur. Colorée par l'allure, elle raconte les bords tirés. Cliquer un point met la ligne correspondante en évidence dans le journal, et inversement.

Capture 3 Trace d'une navigation sur la carte, colorée par la force du vent observé.

10. Limites et bon usage

Avertissement : Solano n'est pas un service de sécurité maritime. Les décisions de navigation engagent la responsabilité du capitaine, qui doit tenir compte de son expérience, de son équipement et des bulletins météo officiels.
Ouvrir le livre de bord →